La Marqueterie de papier :
ma technique artistique mixte
Ma démarche artistique s’exprime à travers la marqueterie de papier , une technique que j’ai faite mienne au fil des années, et qui me ressemble profondément : intuitive et exigeante, libre et patiente.
L'alchimie des matières et des gestes
Tout commence par les papiers, jamais par le tableau.

Les papiers vivants
J’utilise des papiers de fibres naturelles (washi japonais, papiers de mûrier, de bambou) que je teins et transforme moi-même. Ces matières ont une vraie présence, presque textile. Elles réagissent aux pigments de façon unique, créant des effets impossibles à reproduire avec des papiers industriels : transparences, vibrations, profondeurs.
Les pigments naturels
Je travaille avec des pigments organiques cultivés par des agricultrices locales, ainsi qu’avec le bleu de Prusse . Ces poudres colorantes offrent une luminosité et une transparence exceptionnelles. Je peins les papiers librement, sans savoir encore ce qu’ils deviendront, juste pour voir comment la couleur s’installe dans la trame, comment le pigment et la fibre se trouvent.

Le dialogue avec la matière
Ce qui guide, ce n’est pas un plan — c’est le dialogue. Un fragment posé sur la toile en appelle un autre, par contraste, par résonance, par une tension que je sens plus que je ne la calcule. Je me laisse mener par ce chemin-là, pas à pas. Parfois, au fil des couches, une forme figurative commence à émerger. C’est le signal que je dois m’arrêter , poser les outils, aller me balader, revenir avec un regard neuf. Le seul objectif est l’harmonie, l’équilibre.
Un processus en mouvement, pas une recette
Mes papiers peints deviennent une palette solide. Je les découpe, les assemble, les superpose sur une toile tendue sur châssis, du lin ou du coton non blanchi, parfois préparé avec un gesso transparent, parfois laissé brut pour qu’il interagisse avec les pigments.
Les fragments se déposent en plusieurs étapes, couche après couche, jusqu’à ce que les fibres du papier et celles de la toile ne semblent plus former qu’une seule peau. J’ajoute, je déplace, je retire parfois, jusqu’à trouver un équilibre qui respire.
Ce n’est pas un processus linéaire. C’est une construction lente, où chaque geste répond au précédent et où c’est la matière qui parle en premier.

L’évolution constante de ma technique artistique mixte
Ma relation aux matériaux se transforme avec chaque tableau. Ce que j’explore, c’est cet entre-deux : entre contrôle et lâcher-prise, entre construction très précise et gestes très libres. La transparence des papiers superposés crée des effets de profondeur que je ne pourrais pas planifier et c’est précisément là que réside leur beauté.
La matière est co-créatrice. Je ne la domine pas, je l’accompagne. Et c’est ce chemin de création, guidé par l’intuition plutôt que par le résultat, qui donne à chaque œuvre sa propre respiration.
